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vendredi 13 janvier 2012

Que présage la fin du Triple A de la France ?

Après un peu plus d'un mois de la 1ère annonce, ce premier vendredi 13 de l'année 2012 n'aura pas porté chance à la France. L'Agence de notation Standard & Poor's a officiellement dégradée la note de la France qui perd son triple "A" au profit du "AA+" !
D'ailleurs, d'autres pays ont suivis le chemin comme l'Autriche, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Slovénie ou encore Chypre.

Une page se tourne et une nouvelle ère débute pour l'Etat Français à l'approche des prochaines élections présidentielles : voilà de quoi encore attiser certaines tensions au sein du peuple mais aussi au sein des partis politiques.

Au niveau mondial

La note souveraine de la France risque de changer pas mal de choses tant au niveau national qu'au niveau international... mais comme le soulignent pas mal d'économistes, il ne s'agit pas d'une fin en soit ni de quelque chose de dramatique.

Si on se base sur les USA qui on perdu le triple "A" en 2011, l'impact n'a pas été énorme car jusqu'à ce jour, ils bénéficient d'un taux d'emprunt relativement bas. Certes, la 1ère puissance mondiale a, lors de la perte de sa note souveraine, déséquilibrée un temps le marché financier mais a aussi redessinée celui-ci compte tenu de sa place sur la scène mondiale.
On a craint un désordre mais le marché c'est adapté à la nouvelle donne : on se calque sur les USA pour avancer, pour faire du business, pour échanger, pour fonctionner.

Le cas de l'Italie a été plus défavorable car l'économie toute entière du pays en a souffert, provoquant une récession, des plans d'austérité. La croissance étant faible et la dette augmentant, l'Italie ne cesse de s'enfoncer dans ce déséquilibre budgétaire qui semble causer sa perte. D'ailleurs, cette dévaluation continue l'a fait passer de A+ à BBB+ avec une perspective toujours négative, d'autant plus que ses taux d'emprunts continuent à augmenter.

Selon certains analystes, même si la France est un membre fondateur de l'Europe, il n'empêche que le contre coup risque de se faire sentir à minima, d'autant plus que S&P donne une perspective négative pour le pays. Ainsi, on risque de plus tendre vers la situation de l'Italie que celle des Etats-Unis : le pays n'est pas aussi fort qu'on pourrait le croire et son influence n'est que limitée.

Au niveau national

Face à l'Allemagne qui garde sa note souveraine sauve, la France apparaît en position de faiblesse selon les économistes. Elle devrait trouver un moyen de changer l'image qu'elle a pour perdurer dans sa lancée.

Ceci dit, le Gouvernement français reste confiant face aux attaques de l'opposition qui qualifient cette perte des conséquences d'une mauvaise gestion, de libertés ou de largesses qui ont menées le pays à sa perte en le plongeant dans le chaos. Chacun y va de sa déclaration et le seul fautif reste le Président SARKOZY et son Gouvernement qui n'ont pas réussis à anticiper la situation ni à l'éviter.

François BAROIN, Ministre de l'Économie, relativise la situation en indiquant que certes cela est désagréable, que tout cela était déjà annoncé, que le gouvernement était préparé mais surtout que cela ne signifie pas la fin pour autant.
Il ne s'agit donc pas pour l'UMP de céder à la panique ni au sirènes alarmistes du PS et des autres partis, d'autant plus que tous les efforts ont déjà été faits et se poursuivront car les effets de la crise devaient se faire ressentir tôt ou tard !

Il est clair que certains emprunts en pâtiront mais surtout que certaines organisations détentrices de la dette de l'Etat français en subiront plus ou moins un impact. La donne changera et il faudra revoir les dispositifs actuels si le système souhaite garder le cap.

Au niveau local

Les collectivités locales subiront de plein fouet les répercussions de cette dégradation de la note souveraines car elles paraîtront moins solvables mais aussi en difficultés. Pour preuve, la Ville de Paris ainsi que la Région Île-de-France risquent à leurs tours de perdre leur "AAA"... Les grandes villes et les grosses collectivités sont donc sur le fil du rasoir et s'inquiètent donc plus que l'Etat, dans la mesure où elles sont toutes endettées et que la décentralisation ainsi que la crise ont énormément affaiblies leurs finances et leur pouvoir d'action envers la population.

Au niveau de la bourse

Les marchés étaient déjà préparés depuis un mois à cette annonce ce qui fait que, bien que Wall Street ai fini à la baisse et que l'Euro soit au plus bas depuis août 2010, il reste relativement stable. Les marchés financiers et la bourse accusent le choc en ce début de week-end et il faudra attendre le début de la semaine du 16 janvier pour commencer à voir l'influence néfaste (?) de cette dégradation.
A vrai dire, le Gouvernement français aussi joue cette carte pour rassurer la population et contenir d'éventuels débordements...

Au niveau de la zone Euro

La France représentait avec l'Allemagne une valeur sure en terme de finances et sa stabilité garantissait aussi un bon échange des flux. Aujourd'hui la donne change et l'impact risque de se faire ressentir sur le Fond Européen de Sauvetage Financier (FESF) mis en place pour venir en aide aux pays de la zone euro qui sont en difficulté.
Standard & Poor's risque, en changeant la notation de 2 pays actifs dans ce fond, de déstabiliser le système mis en place et de changer les taux d'emprunts sur la zone : à ce niveau c'est toute la zone qui va en partir.

Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, la Grèce a vue ce vendredi 13 les tractations avec les banques chargées de son sauvetage être suspendues au point de revoir leur engagement à effacer une partie de la dette publique pour éviter la faillite du pays.
Ils s'agit là d'un vrai séisme à venir, d'autant plus que la Grèce est tout de même l'épicentre de la crise européenne depuis 2010.

Au final...

François BAROIN l'a bien indiqué "ce ne sont pas les agences de notation qui font la politique d'un pays" car à bien y regarder dans le fond, il semblerait que ce soit des sociétés privées qui veulent diriger des pays et les contraindre à agir à leur guise dans le but d'avoir la main mise sur les flux financiers et les titres obligatoires. 
Certes, il s'agit d'une mauvaise nouvelle mais le monde n'arrêtera pas de tourner pour autant : certains pays vivent, investissent et fonctionnent ! Le peuple n'est pas à l'agonie. Donc, il s'agit de garder la tête froide mais surtout de s'adapter à un système qui montre ses limites, car pour le moment aucune solution durable n'a encore été proposée ni trouvée.