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jeudi 19 janvier 2012

La f(r)acture de la téléphonie mobile aux Antilles

Depuis l'arrivée de Free Mobile dans l'hexagone en ce mardi 10 Janvier 2012, les consommateurs se sont réellement rendus compte de la marge de profit exorbitante que se font les opérateurs de la téléphonie mobile sur leur dos. Free a réussi à démontrer que l'on peut diviser par 2 ou par 3 la facture qui est bien souvent salée !

La douche fut froide, très froide pour l'utilisateur lambda, pour les clients des forfaits dits "RSA"... mais aussi pour les opérateurs qui, depuis cette date, tentent de s'aligner sur les forfaits de Free en essuyant les critiques acerbes (ou plutôt leurs Community Manager).
Tout le monde s'en mêle et y va de son opinion, jusqu'aux politiques...

Aux Antilles, l'effet est quasiment le même concernant le montant des forfaits démentiels auxquels la population locale est assujettie aux trois opérateurs en présence : Orange Caraïbe, Digicel et Only !

Bien évidement, l'entente mutuelle sur les prix est quasiment la même qu'en Métropole et bien que sur l'ADSL, Médiaserv a réussi a changer un peu la donne, à ce jour il n'existe aucun opérateur de téléphonie mobile pouvant déstabiliser le marché.

Bien sur, depuis l'annonce de Free Mobile il y a des rumeurs persistantes qui ont fait leur apparition quant à la venue du 4ème opérateur français dans les DOM... mais cela reste de la pure spéculation à ce jour, car aucun déploiement n'est programmé sur la zone par Free.
Mais qu'à cela ne tienne, des collectifs et des groupes se sont déjà organisés sur les réseaux sociaux (pétition sur Facebook par exemple) pour inciter Xavier NIEL à s’intéresser au reste de la France... vu que l'on parle fréquemment de continuité territoriale.

La notion de continuité territoriale n'a de continuité que le nom depuis de nombreuses années, car il y a rupture ou fracture sur divers points : les billets d'avions, les services, la téléphonie et j'en passe ! 

Ceci dit, d'autres consommateurs ont préférés se mobiliser directement à la source via les pages entreprises d'Orange Caraïbe et Digicel afin de faire remonter leurs "doléances" très appuyées et en des termes sans équivoques!
A l'instar de la France, les Community Manager en prennent pour leurs grade et tentent de calmer le jeu par des effet d'annonce comme Orange Caraïbes concernant leurs services ou sinon en supprimant des commentaires jugés irrespectueux comme Digicel. Only qui n'a pas de page sur les petites Antilles est épargné...

  

Mais, une question demeure à l'heure actuelle et c'est là que nous sommes aussi en rupture vis-à-vis de la France pour le moment : où sont les politiques dans le débat? Prennent ils conscience que la facture est salée aussi dans les DOM ?

Ce fut un temps où les Présidents des Régions Martinique et Guadeloupe ont contribués, longtemps après la France et longtemps après l'arrivée de certaines nouvelles technologies, à mettre à niveau le réseau de la téléphonie mobile par le biais d'investissements au profit de France Telecom / Orange en situation de monopole à l'époque.
D'ailleurs, l'arrivée de Médiaserv (pour l'ADSL) a aussi été facilité en grande partie grâce aux investisseurs privés et à la Région Guadeloupe.

Mais il semble aujourd'hui que l'intérêt n'est plus le même car aucun Député, Maire, Président, Conseiller ne semble être intéressé par le débat qui risque d'être ravivé à l'approche des dates anniversaires des conflits sociaux contre la vie chère qui ont eu lieu en 2009 dans les DOM. Même si les élections nationales se profilent au loin, il ne faudrait pas oublier la sphère locale.

Il appartient donc aux décideurs locaux de s’intéresser à ce qui se passe sur leurs départements (avant de regarder ailleurs) afin d'inciter fortement leurs opérateurs en présence à revoir leur politique tarifaire, vu qu'il est démontré que cela est possible. Certes, il serait utopique d'arriver à 19,90€ mais une division par 2 des factures pour panser la fracture de la téléphonie mobile aux antilles serait la bienvenue

D'un certain point de vue tout le monde y trouverait son compte ce qui marquerait un changement et une vrai politique de continuité territoriale.