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jeudi 12 janvier 2012

Haïti : 2 ans après...

Le 12 Janvier 2010 un violent séisme a frappé l'île d'Haïti et laissa la place à une grande désolation. Ce ne sont pas moins de 250 000 morts et plus de 1,5 millions de sans-abris que cette catastrophe naturelle a laissée derrière elle !

Deux ans après le drame, il reste toujours comme un air de désolation sur l'île malgré les promesses de dons, d'aides internationales et les projets de reconstruction des Villes mais aussi de l'île !
Aujourd'hui, on remarquera tout de même que le nombre de sans-abris a diminué est de l'ordre de 500 000 personnes selon les dernières estimations : un effort a été fait sur ce point, mais la réalité quotidienne est nuancée, voir tout autre.

Des promesses

La classe politique locale et internationale c'est émue lors du sinistre. Tous les dirigeants y sont allés de leur allocution personnelle visant à rassurer les populations en présence mais aussi le reste du monde sur la situation du pays.
Mais le pays le plus pauvre de l'Amérique est resté toujours avec un niveau de vie extrêmement bas. Certes, le Président MARTHELLY fraîchement élu a déballé bon nombre de promesses et a aussi débloqué des "subventions" ou aides pour favoriser le déplacement des foules. D'ailleurs, bon nombres de plans de reconstructions ont été élaborés pour certaines agglomérations... malheureusement restés au fond de certains tiroirs.

Haïti a toujours eu ce problème de gestion politique et administrative : beaucoup d'annonces mais l'impact des actions est faible ou modéré dans le temps. Tout cela paralyse l'efficacité des projets.

Une reconstruction en demi teinte

La volonté est là et affichée tant du coté des politiques et autres "stars" que de la population. On nettoie, on fait place nette : on veut reconstruire les villes mais surtout la vie au sein de cette communauté.
Mais malheureusement, toute la volonté du monde sans moyens ne peut pas aboutir à quelque chose de très concret, surtout sur cette île.

Au lieu de procéder à des démolitions puis à des constructions nouvelles, les habitants ne font que des réparations de fortune sur l'existant déjà très endommagé, comme s'il s'agissait de panser une jambe qui mérite l'amputation. On tente de se convaincre qu'on oubliera les stigmates évidents du passé.
Tout cela, bien sur, ne fait que renforcer l'insécurité dans ces constructions qui ne sont pas aux normes et qui maintient un certain sentiment de chaos dans certains quartiers.

La population semble résignée et fait contre mauvaise fortune bon coeur en évitant les débris qui jonchent encore les rues après ces années. Mais, le pays le plus pauvre du monde ne pourra pas se relever aussi vite, et ça tout le monde le sait...

Une aide et une assistance insuffisantes ?

Beaucoup de fonds ont été mobilisés, l'aide internationale a mis les bouchées doubles... et certains fonds ont même été captés. C'est bien courant de nos jours : faire du bénéfice sur le malheur d'autrui.

Ceci dit, les organisations onusiennes et les ONG tentent par tous les moyens de réduire les dommages et les épidémies à Haïti, car il ne faut pas l'oublier l'île est fréquemment traversée par les ouragans majeurs mais a aussi du faire face à une épidémie de Choléra en fin 2010. Un problème en amenant l'autre, l'argent mobilisé ne suffit pas.

Malgré tous les efforts déjà engagés, il est estimé à environs 180 millions d'euros la somme qui devra être mobilisée en 2012 pour aider au relogement de la population. Cela parait énorme mais pas réellement suffisant au regard du travail à accomplir pour amoindrir la misère existante sur place.

Sous couvert d'aide à la population, certains se sont lancés dans le trafic d'enfants ou de bébés... Toute cette mauvaise presse a eu pour conséquence la démotivation de certaines associations qui souhaitaient venir en aide au pays!
Ces actions ralentissent véritablement la mobilisation d'une assistance de qualité.

Vers un renouveau?

Même s'il existe une certaine résignation à quelque niveau que ce soit, certaines personnes sur place et certains habitants notent l'action de diverses ONG très discrètes qui s'affairent à la construction de dispensaires, d'écoles et autres.
Certes ce sont des actions humanitaires timides mais qui manquent de médiatisation dans la presse : on ne retient que les "gros" mais on oublie souvent les petites qui abattent un travail de titans et qui méritent un vrai encouragement.

On pourrait penser qu'Haïti ne s'en sort pas depuis des décennies à cause des vices du pouvoir mais il existe encore des gens qui croient que l'Île sortira de son cycle chaotique avec la volonté et les moyens même substantiels de tous.