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mercredi 25 janvier 2012

ACTA ou la fin de l'Internet libre... et plus encore

Depuis plusieurs semaines, le Web tout entier ainsi que les "hacktivistes" se mobilisent contre diverses lois visant à réduire de manière drastique la liberté existante sur internet. La fermeture de Mégaupload a été un choc à tous les niveaux qui a provoqué un vent de panique chez les hébergeurs de données, notamment des fichiers protégés par des copyright.

Alors que l'attention de tous se mobilise vers PIPA, SOPA, HADOPI.. ainsi que le "Black March" organisé par les Anonymous, on en oublie une loi qui passe inaperçu et qui se négocie en souterrain depuis 2006!
Il s'agit de la loi ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement) en anglais ou encore ACAC (Accord Commercial Anti Contrefaçons) en français.

Il s'agit d'un traité international multilatéral concernant les droits de la propriété intellectuelle chargé de protéger de manière mondiale les brevets, les marchandises et les médicaments qui serait contrefaits, les génériques mais s'entendrait aussi sur la protection des droits d'auteurs sur internet.

Derrière cette loi, c'est un cadre juridique qui est établi entre plusieurs pays et qui peut mettre en place un organisme dédié aux recensement qui pourra de ce fait agir contre les comportement délictueux de manière internationale.
En gros , HADOPI ne sert que la France, PIPA et SOPA ne servent que les USA mais avec ACTA, il s'agit de l'internet mondial qui sera surveillé : plus de frontières, les recherches et le droit seront globalisés... idem pour les infractions.

Initialement en 2006, les Etats-Unis et le Japon entamèrent les primo négociations; puis le Canada, l'Union Européenne et la Suisse rejoignirent les rangs. Ensuite, l'Australie, le Mexique, le Maroc, la Nouvelle Zélande, la République de Corée, Singapour, La Corée du Sud, les Emirats des Arabes Unis ainsi que la Jordanie ont emboîtés le pas entre 2007 et 2008.
Le but de ce consortium secret est normalement de répondre à l’augmentation dans le commerce international des contrefaçons et des produits sous copyright piratés.

Je parle de "secret" car ces tractations se font à l'abris des regards indiscrets et en dehors de tout contrôle extérieur. Un peu comme une secte secrète qui veut édicter ses lois, ses règles à un système global.
Pour information, c'est wikileaks.org qui a été le premier à diffuser l'information en mai 2008 lors des premières écritures de la loi. On comprends aisément pourquoi ce média de communication a été à maintes reprises bâillonné!

A ce sujet et concernant ces réunions secrètes (dont la prochaine se tiendra à Mexico à la fin du mois de Janvier 2012), bon nombre de Députés Européens ont demandé plus de transparence car personne n'était réellement au courant de ce projet de loi... on se croire en pleine mission parallèle, classée secret défense !
En tout état de cause, le Parlement Européen a tout de même jusqu'au 1er Mai 2013 pour ratifier l'ACTA !

Si ce traité venait être appliqué, le monde de l'Internet que nous connaissons actuellement se verrait profondément changé : les hébergeurs devront revoir leur politiques afin de ne pas être sanctionnées mais les fournisseurs d'accès jouerait un rôle de gendarmes du net, en interrompant le service après 3 avertissements. Le pouvoir du "copyright" se verrait énormément renforcé... jusqu'au point où si l'on effectue un contrôle sur vos supports numériques et que l'on trouve une fichier téléchargé illégalement, il serait détruit et vous écoperez d'une amende bien salée.
Selon un article de la loi, les ayants droits pourraient même avoir accès aux informations personnelles de l'internaute sans l'aide d'un juge, tout comme pour Hadopi !

De plus, les dernières évolutions quant à la législation du Net en Italie montrent bien que cette loi peut être capable du pire envers le web 2.0, car il s'agit même de la liberté d'expression qui pourrait être remise en cause, notamment sur le blog pour pourrait se voir fermés : fini les opinions, fini les logiciels libres. Car il semble que certaines fractions de cette loi sont déjà applicables en Espagne ainsi qu'en Italie...

On dirait que les lobbies et les ayants droits ont bien travaillés en profondeur voir en sous-marin. D'ailleurs, bon nombre d'entre eux militent pour que les négociations se fassent sous couvertures pour ne pas corrompre le texte. 
De plus, il semble que le sujet soit tout bonnement et soigneusement évité dans la presse officielle française : ACTA est mis aux oubliettes ou dans le donjon fermé à double tours. Une véritable omerta règne sur le sujet.

A terme donc, une organisation supra gouvernementale et supra législative va gérer les flux de marchandise et la contrefaçon, mais aussi et surtout le monde du Web, de l'Internet ainsi que du Copyright... organisation qui aurait plus de pouvoir que les états co-signataire.

Donc après les agences de notation qui font la pluie et le beau temps sur l'économie mondiale des Pays, voilà que les lobbies (donc encore des privés) veulent diriger l'Internet mondial en mettant sur le bûcher la liberté d'action.
La menace fantôme qui va conduire à une probable World War Web semble se dessiner de plus en plus...

jeudi 19 janvier 2012

MégaUpload n'est plus : le début de la guerre Web 2.0?


Après le black-out de ce mercredi 18 Janvier où bon nombre de sites et de blogs se sont rendus inaccessibles en protestation aux lois SOPA et PIPA qui doivent être mises en place aux États-Unis, il semblait que certains acteurs économiques reconsidéraient leur position quant à l'adoption de ces propositions de textes !


Mais voilà, ce jeudi 19 janvier 2012 est donc à marquer d'une pierre noire, car le bras armé du gouvernement américain en l'institution qu'est le FBI a frappé un grand coup d'épée suivi d'une rafale de mitraillette sur le 13ème site internet le plus fréquenté au monde à savoir MEGA UPLOAD, mais aussi sur toute la filière MEGA.
En effet, MegaUpload n'est plus après le blocage des adresses DNS par le FBI.

Personne ne s'y attendait et même pas les créateurs de ce site qui qualifiaient quelques heures auparavant les déclarations du FBI comme étant infondées et "grotesquement exagérées" compte tenu des charges et des suppositions avancées.

Sans attendre les conclusions du procès, la justice américaine a donc rendue son verdict en inculpant les fondateurs de Megaupload.com d'avoir "mis en oeuvre une entreprise internationale de crime organisé prétendument responsable du piratage massif à l'échelle mondiale d'un grand nombre de type d'oeuvres protégées, à travers Megaupload.com et d'autres sites en relation".
Ils sont par ailleurs inculpés de "racket", de "conspiration pour commettre une infraction aux droits d'auteur" et de "blanchiment d'argent" : à ce stade il s'agit carrément de grand banditisme. Sachez que pour information, chaque personne inculpée encore jusqu'à 60 années de prison ferme cumulées. Bigre !!!!

Pour la Justice US, ce ne sont pas moins de 175 millions de dollars qui ont été engrangés par ces activités dites "illégales" et pas moins de 500 millions de dollars de manque à gagner auprès des ayants droits.
Ce sont donc 7 individus à des postes bien placés dans la structure qui sont visés par les allégations de la justice américaines et mis en examen (dont 2 déjà incarcérés), à savoir :
  • Kim "Dotcom" Schmitdz, 37 ans, PDG et Fondateur de MegaUpload ;
  • Finn Batato, 38 ans, Directeur Marketing ;
  • Julius Bencko, 35 ans, Graphiste ;
  • Sven Echternach, 39 ans, Directeur Gommercial ;
  • Mathias Ortmann, 40 ans, Co-fondateur et Directeur de l'univers Mega ; 
  • Andrus Nomm, 32 ans, Développeur et Chef de l'équipe de développement technique ;
  • Bram "Bramos" Van Der Kolk, 29 ans, Superviseur du Développement et de l'infrastructure réseau.
Pour une lecture exhaustive des charges pour un complément d'informations, je vous invite à faire un tour sur le site du FBI concernant l'affaire Méga Upload.

Capture écran du site Megaupload.

A savoir, l'hébergeur de Mégaupload est situé en Virginie, et il s'agit du même que celui du FBI : remonter et faire fermer le réseau MEGA a donc été très facile pour eux, ne serait-ce que sur la pression...

En réplique à cette action jugée abusive, mais aussi dans un but de vengeance après la mobilisation du 18.01, le groupe ANONYMOUS c'est chargé de bloquer l'accès à Universal, à Justice.gov, fbi.gov mais aussi sur Hadopi.fr selon certaines sources. Ils ont inondés les serveurs de requêtes afin de saturer le réseau et rendre les sites non-visibles.

Il semble donc que la guerre Web 2.0 a débutée, une guerre d'un nouveau genre avec des armes invisibles... dans l'objectif de ne pas perdre une liberté d'expression, d'usage, de fonctionnement dans un monde libre !
Même si d'autres sites prennent déjà la relève, il s'agit d'un symbole fort de la communauté web qui a été abattu et les représailles risquent de se faire ressentir, tout comme le procès risque d'être hyper médiatisé dans les mois à venir.

Le net libre est de plus en plus menacé, la guerre sera longue : avez-vous déjà choisi votre camp? Vivre libre ou être esclave d'un outil bridé et ultra surveillé?


Pour finir, je vous laisse sur une note d'humour avec une petite vidéo intitulée "La mort de Mégaupload by GSL" qui vous fera sourire en faisant voir le pan d'une période qui vient de s'achever.

La mort de Mégaupload by GSL